Mosaïques d’Uzès: point d’information le 16/9 et dossier complet

Prima Vera et l’Uzège sont mobilisés depuis le mois d’avril pour promouvoir le projet de retour des mosaïques romaines d’Uzès. Les contacts se multiplient en ce sens, en direction des collectivités locales concernées (Région, département, ville d’Uzès) du ministère de la Culture, des experts de la romanité, ainsi que du public et d’autres associations.

Après notre réunion publique du 12 juin à la mairie d’Uzès, nous organisons un nouveau point d’information

-le 16 septembre 2017, lors des journées du patrimoine, à 17h30 au restaurant la Fille des Vignes (18 place Albert 1er, Uzès), afin de faire le point sur ce projet fédérateur et répondre aux questions.

Dans ce cadre, nous diffusons un document répondant aux principales questions sur le sujet (voir ci-dessous) et nous mettons en ligne un dossier complet de plus de 40 pages sur le projet UCETIA, de valorisation in situ des mosaïques, qui ne remet pas en cause le chantier de l’internat des lycées prévu.

Le dossier complet est accessible ici. Presentation PDF

Le projet Ucetia en questions-réponses: également téléchargeable ici Questions- Réponses PDF

et le voici en détail.

Mosaîque

Les mosaïques romaines d’Uzès et le projet UCETIA

Questions & Réponses

 

 

Pourquoi sommes-nous mobilisés?

La découverte des mosaïques romaines à Uzès a provoqué un grand élan d’intérêt début avril. Leur état de conservation et leur caractère unique ont permis à l’INRAP, chargé des fouilles, de les qualifier de vestiges exceptionnels. Suite à une mobilisation citoyenne, la Région, en charge du chantier de l’internat où elles ont été mises à jour, s’est engagée à ce que ces mosaïques (enlevées provisoirement pour des raisons techniques) reviennent à Uzès dans un « lieu dédié ».

L’Uzège et Prima Vera, ainsi que d’autres associations, soutiennent un projet de retour « in situ », en conformité avec les conventions internationales signées par la France et la Région. Ce projet donnerait à « Uzès la Romaine » un atout culturel et touristique considérable.

 

Que nous révèlent ces mosaïques ?

Datant du 1er siècle avant JC, soit un siècle avant le Pont du Gard, ces mosaïques révèlent pour la première fois la cité romaine d’Ucetia et indiquent son centre géographique, politique et religieux. Acte de naissance da la ville d’Uzès, elles établissent aussi un lien historique majeur entre Nîmes, le Pont du Gard et Uzès.

 

Pourquoi ces mosaïques doivent-elles revenir sur leur lieu d’origine ?

La petite mosaïque du diagramme-templum justifie, à elle seule, le maintien « in situ » de cet ensemble, selon Bernard Randoin, Conservateur général du patrimoine et sous-directeur adjoint de l’archéologie au ministère de la Culture, que nous avons rencontré. À ce jour, il n’a pas été trouvé en France de mosaïque semblable, ce qui la rend unique. Elle est la seule représentation d’époque des dessins d’arpenteurs romains (des géomètres-astronomes intervenant à la suite du fondateur-augure) et des textes sur les fondations de cités romaines.

Son point central indique le centre de la cité, centre du monde pour ses habitants. Les 2 axes du cercle central indiquent les 2 voies de la cité, le Kardo (nord-sud) et le Decumanus (ouest-est). Le cercle est divisé en 4 parties, situant les divinités célestes, maritimes, terrestres et souterraines.

Ce dessin évoque le rituel de fondation de Rome par Romulus, durant lequel l’augure, après avoir interrogé les dieux, indique l’« umbellicus », le nombril de la future cité. Puis, l’augure fait creuser une fosse, le « mundus », où les nouveaux habitants jettent une poignée de leur terre d’origine. Enfin, il trace le « sulcus primigenus », le sillon primordial avec un boeuf et une vache et un soc de charrue en métal précieux (cuivre), les limites de la cité où l’on élèvera le mur de protection le «poemerium ». C’est un site sacré. Des cérémonies régulières avaient lieu sur ce site, rappelant la fondation de la ville et l’essence du pouvoir romain.

Présenter ces mosaïques ailleurs, c’est gommer l’authenticité de cette découverte. Savoir que cet événement s’est déroulé il y a 2000 ans à cet endroit – le plus haut de la ville – procure au visiteur une émotion unique et incite à une réflexion sur notre relation à l’espace construit et au temps.

 

Templum - copie

 

Qui était Lucius Cornelius, le personnage central à qui les mosaïques font référence ?

Le nom de Lucius Cornelius figure sur les mosaïques d’Uzès. Selon l’historienne Sandrine Viollet, Lucius Cornelius Sulla (138-78 av JC), général romain et augure, aurait participé aux guerres contre les Cimbres et les Teutons (103-101 avant JC) et conquis la Grèce. D’après l’historien Francois Hinard, il fut à l’origine de la transition de la République à l’Empire. Il est possible qu’Ucetia ait été fondée pendant son consulat (88 avant JC) ou sa dictature (82-79 avant JC). Une « maison de Sulla » située à Glanum, à St Rémy de Provence, aurait été construite entre -100 et -50 avant JC.

 

Leur retour in situ menace-t-il le projet de chantier d’internat ?

Non. L’emplacement des mosaïques sur le site – dans la cour devant l’ancienne gendarmerie, en marge du chantier– permet leur valorisation sur place, sans remettre en cause le chantier prévu de l’internat des lycées, indispensable et urgent pour notre territoire. La valorisation des mosaïques “in situ” nécessite simplement le déplacement de deux bâtiments annexes à l’internat et la résolution de quelques autres contraintes techniques, pour lesquelles des solutions sont en cours d’examen. Ces expertises n’empêchent pas l’ensemble du chantier de démarrer.

 

Ces mosaïques peuvent-elles êtres classées monuments historiques ?

Oui, du fait de leur caractère unique. Pour le moment, cette option n’a pas été retenue par le ministère de la Culture pour des raisons de souplesse administrative. Il préfèrerait un projet de valorisation sur place porté par toutes les parties prenantes. Mais le classement demeure possible.

 

En quoi consiste le projet de jardin archéologique UCETIA ?

Prima Vera et l’Uzège proposent la création d’un petit espace dédié – séparé de l’internat, et ouvert au public par la rue du Collège- de découverte de ces mosaïques. Il pourrait inclure une salle à vocation pédagogique, permettant de faire revivre au visiteur l’expérience de la fondation d’une cité romaine, dans un cadre architectural et muséographique adapté.

 

Où en sont les négociations sur ce projet ?

L’Uzège et Prima Vera ont multiplié les contacts pour promouvoir ce projet fédérateur. La Région étudie la possibilité d’intégrer les mosaïques in situ. Une réunion aura lieu le 27 septembre avec la Région et plusieurs élus concernés. Le ministère de la Culture (au niveau national et régional) se dit prêt à accompagner un projet de valorisation « in situ ». Des élus du département du Gard nous ont exprimé leur soutien, proposant une coopération avec le site du Pont du Gard. Le maire d’Uzès s’est dit favorable au retour des mosaïques à Uzès et ouvert à des discussions sur la rénovation des mosaïques et la circulation près du site. Les négociations peuvent se poursuivre.

 

Pourquoi ce projet de jardin archéologique UCETIA est-il important pour notre région?

Entre le lycée général Charles Gide et le lycée des Métiers d’art Guynemer, les mosaïques apportent au cœur de la Cité une résonance particulière, liant ainsi Art et Histoire, Philosophie et Politique. Elles ouvrent des champs uniques d’applications pédagogiques pour la communauté éducative.

Pour Uzès et sa région, ces mosaïques constituent un nouveau pôle d’attractivité culturelle, touristique et économique important. Le 1er Dûché de France devient également « Uzès la Romaine » et le point de départ d’un nouveau « parcours de la romanité » cohérent.

  • Un site archéologique unique au monde: l’origine d’une cité romaine .
  • Le musée Borias et la présentation des collections d’objets trouvés sur le site d’Ucetia viendrait compléter la visite du site archéologique.
  • Le bassin de rétention dans la vallée d’Eure, d’époque romaine, emmènerait le visiteur jusqu’a la source d’un parcours de l’eau, puis au Pont du Gard et à Nîmes.